30/05/2010

Abbaye de Forest

Les bâtiments néoclassiques du XVIIIe siècle de l’Abbaye de Forest.

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Sainte Aline

Mais qu’en est-il de la « buiten kerk » ?                                    

La chapelle Sainte-Alène, église paroissiale indépendante à l’époque, date du XIIe siècle et garde des traces de cette époque (belle arcade en plein cintre et fenêtres, murées pour transformations ultérieures).                                                                                                                

Au XIIe siècle donc, on construisit contre la chapelle Sainte-Alène une église romane dédiée à Saint-Denis et remplaçant l’ancienne église en bois. L’église romane sera elle-même remplacée au XIIIe siècle par un bâtiment en gothique primaire: le chœur de l’église Saint-Denis actuelle. En 1470, outre d’autres transformations, la chapelle Sainte-Alène et l’église Saint-Denis ne formèrent plus qu’un seul édifice, par l’ouverture d’une arcade en arc brisé.

 

Sainte Aline

La chapelle Sainte Alène, vue du transept sud de l’Eglise Saint Denis.

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Sainte Aline

Et les restes de Sainte Alène ?

Le corps et le bras de la Sainte furent mis dans le tombeau de la chapelle Sainte-Alène au VIIe siècle et y restèrent jusqu’au XIIe siècle.

Sainte Alène sera canonisée en 1193 et les Abbesses de Forest n’y sont bien entendu pas étrangères. Aussi, c’est en grande pompe, le mercredi de la Pentecôte de l’année 1198, après avoir obtenu l’accord de l’Abbé d’Afflighem dont dépendait l’Abbaye de Forest, qu’eut lieu la translation des reliques de la Sainte de son sarcophage, conservé dans le tombeau de la chapelle, vers une châsse exposée dans l’Abbaye. Les miracles répertoriés et certifiés par l’Eglise se multiplieront rapidement à partir de ce moment.                                                                                                      

En 1644 enfin, les ossements furent déposés dans une nouvelle et très belle châsse en argent et or, que l’on peut encore admirer de nos jours dans le chœur de la chapelle Sainte-Alène, ainsi qu’un reliquaire conservant un os du bras et un autre la mâchoire de la Sainte.

Sainte Aline

La châsse telle qu’on peut la voir aujourd’hui dans la chapelle Sainte-Alène.


DSC06067-reliquaire de Sainte Alène

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Il ne fait aucun doute que les religieuses de l’Abbaye de Forest profitèrent longtemps de la légende de Sainte Alène pour attirer des pèlerins.

Certains auteurs modernes avancent même l’idée que Sainte Alène était peut-être une religieuse douée de talents médicaux particuliers. A sa mort, on aurait bâti une histoire édifiante en l'identifiant à une jeune fille vertueuse, puis, on l'aurait vieillie de quelques siècles. [1]  

Ce qui est certain est que les pèlerins venaient de loin pour prier sur sa tombe et  devinrent vite une source de revenus pour l’Abbaye.

 

On a aussi constaté des similitudes entre la vie d’Alène  de Dilbeek et celle de Dymphe de Geel (fin du VIe siècle). Cette jeune fille, convertie à la religion chrétienne, dut fuir les avances de son père païen et incestueux. Rattrapée par ses soldats, puis rejointe par lui, son père lui trancha la tête dans un accès de colère quand elle réitéra son refus de l’épouser. Un ange aurait recueilli la tête coupée, nous dit la légende, et l’aurait recollée sur le corps de la martyre.



[1] Gisèle Norro, Forest, petite chronique d’une abbaye, 1989

Sainte Aline

Le médaillon central montre l'ange déposant le bras de Sainte Alène sur l'autel de l'église Saint Denis.

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