30/05/2010

Sainte Aline

Le mystère du tombeau.

La dalle de pierre bleue du tombeau, longue de 2m34 et large de 1m18, paraît dater du XIIe siècle. Elle est gravée d’un gisant de femme auréolée, identifié à la tête par une inscription  +ScA HELENA+ (Sainte Alène), laquelle en a peut-être remplacé une autre, entre les pieds. On a fait remarquer que la Sainte qui y est représentée tient dans ses mains un livre fermé, attribut réservé d’habitude aux Abbesses ou aux Saints auteurs d’écrits religieux importants, ce qui n’est pas le cas de Sainte Alène. Ce gisant aurait-il été gravé au départ à l’intention d’une autre Sainte ? Ou pour une des Abbesses de Forest ? Mais après tout, pourquoi la pieuse jeune fille qui se rendait de nuit à la messe n’aurait-elle pas droit à tenir un livre saint à la main tout comme Sainte Gudule ? [1]

Cette dalle repose sur une structure aux arcades basses ajourées, censées permettre de voir le sarcophage dont on peut encore voir l’empreinte. Sans doute les pèlerins pouvaient-ils toucher les reliques de la Sainte par les arcades dont la largeur permettait tout au plus à un bras de s’introduire. Beau geste symbolique pour la vénération d’une Sainte martyre qui a eu le bras coupé ou arraché. Mais à partir de 1198, les reliques de la Sainte seront contenues dans des  reliquaires exposés dans l’Abbaye de Forest. 



[1] Paul de saint-Hilaire, Bruxelles, mille ans de mystère, Rossel, 1978

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